Grossesse + automédication = Danger ?
L’automédication est elle compatible avec la grossesse d’une femme ? C’est une question qui turlupinait ma meilleure amie enceinte de mon futur filleul. Pour lui répondre je me suis un peu documentée et donc à condition d’être avertie des dangers de certains composants pour le fœtus, l’automédication n’est pas un exercice périlleux.
L’enquête
Une étude menée en France par le Centre régional de pharmacovigilance de Toulouse et publiée dans la revue Prescrire montre que de nombreuses femmes enceintes pratiquant l’automédication, en ignoreraient les dangers. Cette enquête est censée tirée un signal d’alarme comme vous pouvez le lire ici et là.
Le rapport fait état d’un questionnaire proposé à 166 femmes. Sur ce faible échantillon, seules 15% des sondées avouent avoir pris un médicament sans prescription du médecin la semaine précédent l’enquête. Certes, il pouvait s’agir d’un médicament homéopathique, (sans danger pour la grossesse), mais elles auraient également pris des antalgiques, des antiacides, des laxatifs, des antibiotiques, des antimycosiques ou antispasmodiques.
Rien de nouveau… ?
Près de la moitié des femmes interrogées ne connaissaient pas les risques pour le fœtus liés à la prise d’ibuprofène et d’aspirine, en fin de grossesse. Et pourtant ce constat n’est pas nouveau puisqu’en 2001 une étude intitulée “Risques iatrogènes de l’automédication chez la femme enceinte” avait abouti aux mêmes résultats.
Ce n’est pas la quête du Saint Graal
Ces informations ne sont pas secrètes. Toutes les mamans (ou futures mamans) ont les moyens de s’informer (internet, pharmacien, docteur, entourage) et le devoir de se soucier avant tout du bien-être de leur ptits bouts de chou. Ne soyons pas passives, surtout quand on observe les potentielles répercussions sur l’état de santé de notre nouveau né.
Aparté : avez vous vu l’épisode de grey’s anatomy sur le sujet, (saison 3 je crois), quand le docteur Sheperd remarque qu’un enfant est aussi drogué que son papa qui prépare son deal dans la cuisine. C’est de la fiction mais ça fait froid dans le dos…
Pratiquez une automédication responsable
Tous les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) sont déconseillés en début de grossesse et contre indiqués à partir de 6 mois, afin d’empêcher les risques de toxicité majeure de votre fœtus. En d’autres termes : atteintes rénales, cardio-pulmonaires néonatales, mort intra-utérine.
L’aspirine est également contre indiquée en fin de grossesse (risque de saignement et de toxicité fœtale).
Quant aux benzodiazépines, (souvent utilisées pour soulager à court terme l’anxiété, l’insomnie sévère ou incapacitante), le risque de malformation du fœtus en cas de prise en début de grossesse semble minime. Par contre, la prise de ces médicaments en fin de grossesse induit un risque de détresse respiratoire du nouveau-né, voire de dépendance de ce dernier.” [Source : Revue Prescrire 2008].
N’hésitez surtout pas, en cas de doute, à demander conseil auprès de votre médecin ou de votre pharmacien. Vous pouvez aussi utiliser les forums de professionnels de la santé.
Vicky
Sources photos : Rondeurs en contre-jour - © Arnildo - www.arnildo.com
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